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Progresser en judo

Lorsque Jigoro Kano a fondé le Kodokan en 1882, il a également proposé une approche moderne de la manière d'indiquer la progression des élèves. En effet, chaque école et chaque professeur avait sa propre manière de délivrer titres, grades et certificats, avec bien entendu toutes sortes d'abus et de fraudes possibles et imaginables.

Jigoro Kano (à droite) et Kyuzo MifunePédagogue moderne, Jigoro Kano s'est rendu compte qu'il fallait des échelons rapprochés pour maintenir la motivation des judokas. Dans un premier temps, il a découpé les niveaux de maîtrise du judo en 3 échelons (mokuroku, menkyo et kaiden), mais il a rapidement mis en place un système  sur la base de 10 dan. Et pour les judokas en apprentissage, un système à 3 niveaux a vite été remplacé par un système à 6 échelons appelés kyu.

Par la suite, je ressentis encore qu’avec mon système des trois étapes kô, otsu et hei pour les personnes sans dan, le temps était toujours trop important entre deux pour les motiver, et je réformai le système en instaurant un 1er, un 2e, un 3e, un 4e, un 5e kyû ainsi qu’un non-grade, ce qui correspondait au 6e kyû.

Mikinosuke KawaishiVers 1936, Mikinosuke Kawaishi, principal promoteur du judo en France a perfectionné le système en associant une couleur de ceinture différente à chacun des kyu. Avec des dénominations différentes, ce système de progression par "couleurs" a été repris dans la plupart des autres sports de combat.

En judo et en jujitsu, Il y a donc un double système d'évaluation de la progression.

  • les kyu pour les judokas en apprentissage
  • les dan pour les judokas confirmés.

Les Kyu

Il y a 6 kyu en judo marqués par des couleurs de ceinture différentes de blanche (6e kyu) à marron (1er kyu)  :

Ceinture de couleur (kyu) en judo

Pour les enfants, afin d'améliorer encore cette dynamique de progression voulue par Jigoro Kano, la Fédération Française de Judo a mis en place les ceintures intermédiaires "blanc-jaune", "jaune-orange" et "orange-verte".

Le changement de kyu s'effectue au sein du club à l’initiative de l’enseignant qui estime que son élève est prêt, en fonction de son assiduité aux cours et de son implication. Au cours de cet examen, l’élève va devoir exécuter les techniques qu’il a apprises : projections sur l’avant, projections sur l’arrière, immobilisations, techniques en déplacement, en contre, en enchaînement,…

Bien entendu, le nombre et la variété des techniques demandées, ainsi que la maîtrise du geste dépendra du niveau de l’élève : on ne demande pas la même technicité à une ceinture blanche qu’à une ceinture bleue. De la même façon, l’enseignant-examinateur adaptera son examen selon que l’élève est un adulte, un adolescent ou un enfant.

La progression française

Dans les années 1950 en France, dans un contexte de lutte entre plusieurs fédérations concurrentes, différentes méthodes d'enseignement étaient appliquées dans les dojos français : celle du Gokyo (méthode originelle japonaise enseignée au Kodokan), celle de Kawaishi à Paris, celle de Shozo Awazu à Toulouse, … Lorsque la FFJDA fut créée après la réunification de ces fédérations, elle imposa la "progression officielle française" dans tous les dojos de France. Cette méthode française d'enseignement du Judo-Jujitsu a été réactualisée en 1989 pour s'adapter aux jeunes judokas en segmentant l'apprentissage en trois phases :

1. L'initiation : de la ceinture blanche à la jaune
2. Le perfectionnement global : de la ceinture jaune à la verte
3. Le perfectionnement individualisé : de la ceinture bleue à la marron

Vous trouverez ci-dessous quatre planches résumant les différentes techniques à acquérir aux cours de ces phases :

Progression française - Initiation
Initiation
Progression française - Perfectionnement global 1
Perfect. global 1
Progression française - Perfectionnement global 2
Perfect. global 2
Progression française - Perfectionnement individualisé
Perfect. individualisé

Les Dan

Ceinture noire de judo, de karaté ou de jujitsu : c’est un titre de prestige non seulement auprès du "grand public", mais également à l'intérieur d'un club. C'est également un titre officiel puisque les modalités d'attribution des dan sont fixées par des arrêtés du Ministère des Sports publiés au Journal Officiel.

Docteur Justice et le cri qui tue. A noter que l'auteur écrit Kokodan au lieu de KodokanBien des fantasmes gravitent autour des ceintures noires comme par exemple le fameux kyai (le cri qui paralyse) popularisé par Docteur Justice, une bande dessinée des années 1970 de l'hebdomadaire Pif Gadget.
Il suffit de fréquenter un club de judo pour s'apercevoir que les ceintures noires ne sont pas des super-héros avec des pouvoirs magiques, mais des femmes et des hommes qui ont atteint un certain degré de maîtrise de ce sport, qui ont énormément travaillé pour y parvenir, qui savent qu'il est possible de faire encore mieux, et qui sont toujours disponibles pour transmettre leur savoir et leur expérience aux autres judokas du club, quelque soit leur âge et leur niveau.
Toutefois, malgré tous ses défauts, Docteur Justice a amené des foules d'enfants et d'adolescents vers les clubs de judo.

Les dan sont attribués lors d'examens officiels par des jurys extérieurs aux clubs et aux enseignants. Il y a 12 dan en judo (dont 10 véritablement attribués).

Sans vouloir décourager les judokas, réglons tout de suite l'attribution des grades ultimes :

  • Le 12e dan de judo a été attribué une fois et une seule, à titre posthume à Jigoro Kano, fondateur du judo.
  • Le 11e dan de judo n'a jamais été attribué.
  • Le 10e dan a été attribué à 15 japonais par le Kodokan (3 sont vivants).
    La Fédération Internationale de Judo a décerné ce grade à Charlie Palmer (UK), Anton Geesink (NL), George Kerr (UK) et Yoshihiro Uchida (USA).
    La Fédération Française l'a attribué à Henri Courtine et à titre postume à Mikinosuke Kawaishi, "importateur" du judo en France.
    Quant à la Fédération américaine, elle l'a attribué à deux personnes : à titre posthume à un judoka de 31 ans décédé dans le vol 93 détourné le 11 septembre 2001 et à Mme Keiku Fukuda, élève de Jigoro Kano, seule femme à avoir atteint le 10e dan.

Obtention des hauts grades

Les nominations du 6e au 9e dan se font essentiellement pour des raisons honorifiques : participation à des compétitions internationales, fonctions d’animation et de promotion du judo (professeurs, arbitres, membres de commissions techniques, d’instances départementales, régionales ou nationales). De manière statutaire, il faut en général au minimum 10 à 15 ans pour passer d'un dan au dan supérieur. La liste des hauts grades est disponible sur le site de la Fédération Française. Il y a en France un seul 10e dan vivant, quatre 9e dan et une vingtaine de 8e dan.

Les grades de 1er au 5e dan sont attribués sur des critères techniques. Avec une accentuation davantage "combat" pour le début et ensuite davantage sur la maîtrise technique.

Obtention du 1er dan

  • Avoir 1 an minimum de ceinture marron et être au minimum cadet
  • Validation d’une session de commissaire sportif  à la table de résultats lors d’une compétition officielle (gestion du chrono, des scores, ….)
  • Exécution des 3 premières séries du nage-no-kata ou des 12 premières techniques du goshin-jitsu.
  • Accumuler 100 points en combat (ippon = 10 points, waza-ari=7 points) ou accumuler 44 points lors de 5 combats gagnés successivement sans aucune défaite.

Ou par expression technique :

  • UV1 : 3 premières séries du nage-no-kata ou 12 premières techniques du goshin-jitsu.
  • UV2 : 2 techniques de projection au choix du candidat en statique et en déplacement + 3 techniques au choix du jury. Idem pour techniques au sol.
  • UV3 : Randori debout et au sol en respectant les consignes du jury sur l"adaptation au partenaire, le contrôle des chutes et la sincérité dans le travail.
  • UV4 : Techniques de défense ju-jitsu

Des règles similaires sont appliquées pour les passages des grades de 2e à 5e dan. Voir le chapitre consacré aux passages de grade dans les textes officiels de la FFJDA.